Porter des mocassins homme : modèles, associations et chaussettes

mocassins homme

Le mocassin est la chaussure la plus polyvalente du vestiaire masculin, et la plus mal portée. Sans lacets, il se glisse au pied en deux secondes et se marie aussi bien à un jean qu’à un costume. Encore faut-il choisir le bon modèle et l’associer correctement.

Deux erreurs reviennent sans cesse : la mauvaise longueur de pantalon, et le mauvais choix de chaussettes. Le reste est affaire de goût.

Les grands modèles de mocassins

Le penny loafer est le plus classique. Reconnaissable à sa bande de cuir fendue sur le dessus, il traverse les décennies sans bouger. C’est la paire à acheter en premier si vous n’en possédez aucune.

Le mocassin à pampilles, ou tassel loafer, porte deux glands de cuir. Plus habillé, il fonctionne très bien avec un ensemble sobre ou une flanelle.

Le mocassin à mors, avec sa barrette métallique dorée, est le plus voyant. Il demande une tenue sobre autour de lui, sous peine de surcharge.

Le mocassin à semelle crantée est la version contemporaine. Plus lourd visuellement, plus décontracté, il se porte volontiers avec un jean brut ou un chino.

Cuir ou daim

Le cuir lisse convient aux tenues habillées. Il se cire, prend une patine avec les années et supporte mieux la pluie que le daim.

Le daim donne un rendu plus souple et plus décontracté. Il est parfait au printemps et en été, avec un chino clair ou un pantalon en lin. En revanche cette matière craint l’eau et demande un imperméabilisant régulier.

Si vous devez choisir une seule paire, prenez du cuir marron foncé. C’est la combinaison la plus polyvalente qui existe dans cette famille de chaussures.

Les couleurs à privilégier

Le marron foncé arrive en tête, sans discussion. Il s’accorde au bleu marine, au gris, au beige et au kaki, c’est-à-dire à l’essentiel d’une garde-robe masculine.

Le marron clair et le camel fonctionnent très bien en saison chaude, avec des tons clairs.

Le noir se réserve aux tenues formelles et au costume sombre. Porté avec un jean, il durcit inutilement la silhouette.

Le bleu marine en daim est une option élégante et moins courante, qui se marie remarquablement avec un chino beige ou gris clair.

Avec quel pantalon

Le chino est le partenaire naturel du mocassin. Beige, marine ou gris, coupe droite ou légèrement fuselée.

Le jean brut foncé fonctionne parfaitement avec une semelle crantée ou un penny loafer en cuir. Évitez les jeans très délavés ou troués, qui cassent l’allure de la chaussure.

Le pantalon de costume s’accorde aux versions les plus habillées. En flanelle grise avec un mocassin à pampilles marron foncé, l’effet est difficile à surpasser.

Le point crucial est la longueur. Le bas du pantalon doit effleurer le dessus de la chaussure, sans plis en accordéon. Un ourlet trop long ruine complètement le rendu, parce qu’il masque la ligne du pied qui fait tout l’intérêt de cette chaussure. Un léger retroussé fonctionne aussi, surtout en été.

La question des chaussettes

C’est le sujet qui divise le plus. Trois options tiennent la route.

Sans chaussettes visibles, avec des socquettes invisibles, pour un look estival et décontracté. C’est l’option la plus portée aujourd’hui, mais elle impose des socquettes de qualité qui ne glissent pas et un entretien rigoureux de la paire.

Avec des bas fins assortis au bas de jambe, pour une allure habillée. La chaussette prolonge visuellement la jambe et ne doit jamais laisser apparaître la cheville quand on est assis.

Avec des chaussettes contrastées, colorées ou à motifs, pour les plus audacieux. Cela fonctionne, à condition que le reste de la silhouette reste sobre.

À éviter dans tous les cas : les socquettes de sport blanches et celles qui s’arrêtent à la cheville et glissent au fil de la journée.

Mocassins et costume

L’association est désormais parfaitement acceptée, y compris en contexte professionnel. Un costume bleu marine avec des mocassins à pampilles bruns donne une allure moderne sans rien sacrifier au sérieux.

Deux réserves malgré tout. Pour un mariage très formel ou une cérémonie officielle, les Richelieu restent plus appropriés. Et un mocassin à semelle crantée sous un costume donne un mélange que peu d’hommes réussissent.

Trois tenues à copier

Chino beige, chemise blanche, penny loafer marron profond, bas fins assortis.

Jean brut foncé, pull marine col rond, mocassins en daim camel, socquettes invisibles.

Costume gris anthracite, chemise bleu pâle, mocassins à pampilles noirs, bas anthracite.

D’où vient cette chaussure

L’origine remonte aux populations autochtones d’Amérique du Nord, dont l’assemblage souple, sans couture rigide à l’avant, a donné son nom et son principe de construction.

La version occidentale s’est formée dans la première moitié du vingtième siècle, en Europe du Nord puis aux États-Unis. Les campus américains de l’après-guerre lui ont donné sa légitimité sociale : ce qui n’était qu’un article d’intérieur ou de week-end est devenu un marqueur d’appartenance, puis une pièce de vestiaire à part entière.

L’Italie a apporté la dernière touche dans les années soixante, avec des lignes plus fines, des cuirs plus souples et une association assumée avec le tailleur. C’est de cette époque que date l’idée qu’on peut s’habiller sérieusement sans laçage.

Le paradoxe tient à sa réputation. Longtemps considéré comme trop décontracté par les milieux les plus formels, il est aujourd’hui accepté partout, y compris là où il était proscrit il y a trente ans. Peu d’articles du vestiaire masculin ont connu une trajectoire aussi nette.

Entretenir ses mocassins

Le cuir se nettoie au chiffon humide puis se nourrit d’un lait spécifique, avant cirage. Deux fois par an suffisent pour un usage normal.

Le daim se brosse à sec avec une brosse en crêpe après chaque port. Une tache se traite à la gomme spéciale daim. L’imperméabilisant s’applique deux fois par saison.

Les embauchoirs en cèdre sont l’investissement le plus rentable de tout le rayon chaussures. Ils absorbent l’humidité et empêchent le cuir de se creuser au niveau de la cambrure.

Ne portez jamais la même paire deux jours de suite. Un cuir a besoin de vingt-quatre heures pour sécher complètement.

Les erreurs les plus fréquentes

Une taille trop grande est la première. Le mocassin n’ayant pas de laçage, il ne se rattrape pas au serrage. Le pied doit tenir sans que le talon décolle à la marche.

L’ourlet trop long est la deuxième, déjà évoqué et de loin le plus visible.

Les socquettes de sport blanches sont la troisième, et elles suffisent à faire dérailler une tenue par ailleurs impeccable.

Questions fréquentes

Peut-on porter des mocassins en hiver ?

Oui, en cuir et avec des chaussettes en laine fine. Le daim est plus délicat par temps humide. Une semelle crantée apporte une meilleure accroche sur sol mouillé.

Faut-il prendre sa taille habituelle ?

Généralement une demi-pointure en dessous, car le cuir se détend à l’usage. Essayez toujours en fin de journée, quand le pied est légèrement gonflé.

Quel budget pour une bonne paire ?

À partir de 120 à 150 euros pour du cuir véritable correctement monté. En dessous, la qualité du cuir et le montage de la semelle deviennent rapidement décevants.

Partager cet article :

Dans la même catégorie

Vous avez aimez cet article ? En voici d’autres qui pourraient vous intéresser dans la même thématique.

Comment être stylé en hiver

Quand les températures baissent, il peut être tentant de privilégier confort et chaleur plutôt que style. Cependant, il n'est pas[...]